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Convulsions chez le chien : causes et est-ce grave

Un chien peut être sujet à des convulsions, un phénomène déclenché par des anomalies généralement d’origine cérébrale, provoquant une contraction musculaire soudaine et violente, totalement involontaire.

Ces crises peuvent être déclenchées pour diverses raisons, et il est essentiel que le vétérinaire identifie leur origine pour une prise en charge appropriée. La gravité de la situation varie en fonction de la cause sous-jacente des convulsions. Dans tous les cas, il est impératif d’agir de manière adéquate et de ne jamais sous-estimer de tels épisodes afin de garantir le bien-être optimal de votre chien. Dans cet article, nous faisons le point sur cette question.

Convulsions chez le chien
Convulsions chez le chien

Mon chien souffre de convulsions : de quoi s’agit-il et quels sont les symptômes ?

Les convulsions sont un phénomène saisissant, résultant d’une perturbation dans le fonctionnement du cerveau, touchant les aspects moteurs, sensoriels, psychiques et neurovégétatifs. Elles se manifestent par une contraction brusque, intense et involontaire des muscles du chien.

Une crise convulsive généralisée se déroule généralement de manière similaire. Soudainement, l’animal paraît désorienté, semblant perdre conscience de son environnement, incapable de reconnaître son lieu. Il peut subitement perdre connaissance, produire une salive excessive, chuter, voire rencontrer des difficultés respiratoires. Son corps se tend, secoué de spasmes, et dans certains cas, il peut perdre le contrôle de ses sphincters, entraînant une miction ou une défécation involontaire.

En règle générale, la crise ne dure que quelques secondes à quelques minutes au maximum. Une fois les spasmes apaisés, le chien se réveille lentement, semblant perdu. Il nécessite un certain temps pour retrouver pleinement conscience de son environnement, parfois même pour reconnaître la présence de son propriétaire.

Il existe quatre types de crises convulsives :

  • Les crises convulsives généralisées (appelées crises de grand mal) qui englobent l’ensemble des symptômes mentionnés et nécessitent une intervention vétérinaire immédiate.
  • Les crises généralisées non convulsives (appelées crises de petit mal) qui sont plus légères, se manifestant par une brève perte de conscience et une diminution de la tonicité musculaire.
  • Les crises partielles simples (appelées focales simples), au cours desquelles le chien reste conscient, mais une seule moitié de son corps est affectée.
  • Les crises partielles complexes (appelées focales complexes), qui entraînent des convulsions, une dilatation des pupilles, et parfois des aboiements ou des morsures involontaires.

Convulsions chez le chien : quelles sont leurs causes ?

Les crises convulsives, ou crises d’épilepsie, se divisent en deux catégories : l’épilepsie primaire et l’épilepsie secondaire.

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  • L’épilepsie primaire (également appelée épilepsie essentielle ou idiopathique) désigne une crise convulsive dont l’origine se situe en dehors du cerveau. Aucune lésion cérébrale ou perturbation métabolique n’est observée. Si l’animal est rapidement pris en charge, un traitement approprié peut contribuer à préserver sa qualité de vie.
  • L’épilepsie secondaire, quant à elle, est liée à des causes intracrâniennes telles qu’un traumatisme, une tumeur, une encéphalite, une malformation congénitale, etc. Elle se caractérise par la présence de lésions cérébrales.

Il est important de noter que certaines races de chiens sont prédisposées aux crises épileptiques, notamment le Beagle, le Berger allemand, le Boxer, le Cocker américain, le Golden retriever, le Labrador retriever, le Setter irlandais, ou encore le Tervuren. Cependant, tous les chiens peuvent être sujets à des convulsions, car les causes de ces crises sont nombreuses et ne se limitent pas exclusivement à l’épilepsie. Voici les principales raisons.

L’hypocorticisme

Egalement connu sous le nom de maladie d’Addison, résulte en une production insuffisante d’hormones corticosurrénaliennes, entraînant ainsi une carence en corticoïdes naturels et, éventuellement, une détérioration progressive du cortex des glandes surrénales. Les chiens atteints de la maladie d’Addison présentent des convulsions, parmi de nombreux autres symptômes.

Ce trouble peut être diagnostiqué au moyen d’une analyse sanguine.

Les tumeurs cérébrales

Il existe deux formes de tumeurs cérébrales observées chez le chien : les tumeurs cérébrales primaires et les tumeurs cérébrales secondaires.

Parmi les tumeurs cérébrales primaires, on distingue :

  • Le méningiome, une tumeur bénigne du tissu conjonctif qui affecte principalement les méninges, lesquelles protègent le système nerveux central. Cette forme de tumeur est plus fréquente chez les races de chiens à crâne allongé, également appelées dolichocéphales.
  • Les gliomes, qui touchent les cellules gliales, qui soutiennent les neurones. Ils se manifestent essentiellement chez les chiens ayant un crâne rond, presque aussi large que long, connus sous le nom de brachycéphales.
  • Les tumeurs du plexus choroïde, moins courantes, se développent dans les ventricules intracérébraux et perturbent le fonctionnement de l’organe responsable de la production du liquide céphalorachidien.

La méningo-encéphalite nécrosante

Cette maladie neurologique est déclenchée par la présence d’un virus ou d’un parasite dans le cerveau du chien. Cet envahisseur provoque une inflammation qui peut entraîner des crises convulsives. Le seul moyen de diagnostiquer cette condition est de réaliser une imagerie par résonance magnétique (IRM).

L’insuffisance rénale, l’insuffisance hépatique et l’insuffisance cardiaque

Le bon fonctionnement du corps repose sur un équilibre délicat et une circulation interne précise qui assurent le transport des éléments essentiels à la vie et l’élimination de ceux qui ne le sont plus. Pour que le cerveau fonctionne correctement, il a besoin d’oxygène et de nutriments apportés par le sang. Ainsi, en cas d’insuffisance rénale, hépatique ou cardiaque due à des anomalies respectivement au niveau des reins, du foie ou du cœur, l’apport de ces éléments essentiels peut être altéré, ce qui peut entraîner une perturbation des fonctions cérébrales, parfois au point de provoquer des crises convulsives.

L’AVC

Un chien victime d’un accident vasculaire cérébral perd connaissance et peut ensuite présenter des convulsions. Il s’agit d’un signe précurseur de la crise qui nécessite une intervention immédiate et urgente.

L’hypoglycémie

Lorsqu’un chien souffre d’hypoglycémie, c’est-à-dire lorsque la concentration de sucre dans son sang est anormalement basse, son cerveau ne reçoit pas suffisamment d’énergie pour fonctionner correctement. En réponse à ce déséquilibre, il peut déclencher des crises convulsives.

L’hypocalcémie

L’hypocalcémie est caractérisée par une carence en calcium dans le sang. Elle est principalement observée chez les chiennes qui allaitent une portée nombreuse. L’hypocalcémie peut entraîner des crises convulsives.

L’intoxication ou l’empoisonnement

Les crises convulsives chez les chiens ne sont pas toujours la conséquence d’une maladie ou d’un trouble, mais elles peuvent également être provoquées par des facteurs externes, tels que l’intoxication ou l’empoisonnement. Les sources de ces dangers sont variées.

Les aliments :

Certains aliments couramment consommés par les humains sont toxiques pour les chiens et peuvent déclencher des crises convulsives. C’est notamment le cas du chocolat, du café, du sel, etc.

Les végétaux :

Certains végétaux tels que les plantes, les fleurs, les arbres, etc., peuvent également être toxiques pour les chiens, pouvant entraîner des convulsions en cas d’ingestion ou de mastication. C’est le cas du muguet, de l’if, du laurier rose, ou encore de la digitale.

Les médicaments :

Certains médicaments destinés aux humains, comme le paracétamol ou l’ibuprofène, sont toxiques pour les chiens et peuvent déclencher des crises convulsives. De plus, l’ingestion de médicaments destinés à d’autres animaux, de médicaments contre-indiqués, ou tout simplement un surdosage, peut provoquer des convulsions. Il convient également de faire attention à certains antiparasitaires, qui contiennent des substances nocives pour les races de chiens porteurs de certains gènes, notamment le Berger australien, qui porte le gène MDR1.

Les produits toxiques :

Les insecticides, les produits ménagers, les produits chimiques, les solvants, les raticides, les antiacariens, ainsi que les huiles de vidange, le fioul et d’autres substances, sont dangereux pour les chiens et peuvent déclencher des crises convulsives en cas d’ingestion.

Les morsures et les piqûres d’animaux :

Le venin de serpents, d’insectes, ou même de certains amphibiens, peut empoisonner le chien et provoquer des convulsions.

Mon chien fait une crise : que faire ?

Votre chien entre en convulsions, et vous vous demandez comment réagir. Il est essentiel de rester calme, car dans l’immédiat, il y a peu que vous puissiez faire. La chose la plus importante est d’attendre que la crise se termine, tout en veillant à ce que votre chien la traverse dans les meilleures conditions possibles en attendant une intervention rapide du vétérinaire.

Voici ce qu’il faut éviter de faire pendant la crise :
  • Ne paniquez pas, ne criez pas, gardez votre sang-froid et soyez patient.
  • Restez près de votre chien sans le toucher ni le perturber.
  • Évitez de manipuler votre chien, de lui parler ou de le secouer, car cela risquerait d’aggraver la situation.
  • Ne touchez pas la gueule de votre chien, car contrairement à une idée fausse répandue, il ne peut pas avaler sa langue, mais il pourrait vous mordre involontairement et gravement.
Voici ce que vous devriez faire pendant la crise :
  • Restez calme pour ne pas aggraver la situation en transmettant votre stress à votre chien.
  • Éloignez tout objet qui pourrait blesser votre chien, ou placez des coussins ou des couvertures autour de lui pour le protéger.
  • Éteignez ou éloignez les sources de stimulation, comme les lumières, les bruits, la musique, la télévision ou les écrans, pour maintenir un environnement calme.
  • Écartez les enfants et, si possible, isolez votre chien dans une pièce pour éviter de les choquer par la scène et pour maintenir le calme.
  • Restez à proximité pour surveiller votre chien.
Voici ce que vous devriez faire après la crise :
  • Donnez à votre chien le temps nécessaire pour se remettre, car il peut se réveiller désorienté et ne pas vous reconnaître immédiatement.
  • Attendez qu’il soit complètement rétabli émotionnellement avant de lui parler ou de le toucher.
  • Contactez votre vétérinaire.
  • Si la perte de conscience dure plus de 5 minutes, consultez immédiatement le vétérinaire pour réduire le risque de lésions cérébrales.

Pour aider votre vétérinaire à poser un diagnostic, prenez des notes sur les crises de votre chien, y compris leur intensité, leur fréquence, leur durée, leur régularité, etc. Si possible, filmez les crises, car ces enregistrements peuvent être utiles pour le vétérinaire.

Quels sont les traitements possibles en cas de convulsions chez le chien ?

Avant de mettre en place un traitement adapté, le vétérinaire doit d’abord identifier la cause des crises convulsives. Pour cela, il peut effectuer plusieurs examens, tels que :

    • Un bilan sanguin.
    • Des tests neurologiques.
    • Une imagerie par résonance magnétique (IRM) du cerveau.
    • Une tomodensitométrie (scanner) cérébrale.
    • Une radiographie du cerveau.
    • Une biopsie en cas de suspicion de tumeur (prélèvement de tissu).

Pour interrompre une crise convulsive, le vétérinaire administre un traitement anticonvulsivant à l’animal. Ensuite, en fonction de la fréquence et de la sévérité des crises, une hospitalisation de quelques jours peut être nécessaire pour surveiller le chien.

Un chien épileptique peut nécessiter un traitement à vie visant à réduire la fréquence et la gravité des crises. Bien que certaines réponses au traitement permettent d’atténuer, voire de cesser les crises, il est important de noter qu’il n’existe pas de guérison définitive. Si le traitement est interrompu, les crises peuvent réapparaître. Cependant, trouver la bonne dose de médicaments peut parfois être un processus long et nécessite un suivi attentif.

En fonction de la cause sous-jacente des crises convulsives, le vétérinaire peut également prescrire un traitement anti-inflammatoire, un médicament antiépileptique, une chimiothérapie, etc.

En général, il est crucial d’ajuster l’environnement et le mode de vie du chien pour qu’il vive dans un milieu calme, sain et équilibré, avec une alimentation de qualité et une activité physique régulière et appropriée. Ces mesures permettent à l’animal de mener une vie plus confortable, avec moins de crises, voire sans aucune.

Dans la plupart des cas, si le chien est pris en charge rapidement, son espérance de vie n’est pas affectée, bien que cela dépende de la cause des crises convulsives. Cependant, en présence de tumeurs, de troubles sanguins, de lésions du système nerveux ou d’une intoxication sévère, le pronostic vital du chien peut malheureusement être compromis, surtout en cas de traitement tardif ou d’absence de prise en charge.

 

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